mardi 10 avril 2012

Budapest, ça vaut le détour!


C'est armée de mes bottes de pluie, de mon imperméable et de mon parapluie que je suis partie pour Budapest. On annonçait des orages et de la pluie intermittente pour tout le long congé de Pâques. La pluie est vraiment ce qu'il y a de plus désagréable quand on voyage. Heureusement pour nous, mon attirail a su repousser les nuages de quelques jours. Nous sommes débarqués à Budapest sous le soleil, où le mercure indiquait un plus qu'agréable 24°C. Oui, nous avions réussi à déjouer Dame nature, mais pour combien de temps?

Une fois arrivés à notre auberge, le Lavender Circus Hostel, une auberge qui se spécialise dans les chambres privées (donc pas de groupes scolaires ou de bachelor party), nous avons eu droit à une introduction personnalisée de Budapest. Je ne sais pas si c'est une tradition d'Europe de l'Est ou des très petites auberges, nous avions aussi eu droit au même traitement à Cracovie. Donc l'employée de l'auberge est venue s'asseoir avec nous pour nous donner quelques recommandations de trucs à voir et à faire, ainsi que des suggestions de restos et de bars. J'avais aussi une liste que mon coéquipier de balle-molle G le Hongrois m'avait aussi envoyée. Avec tout ça, nous n'avions pas le temps de nous ennuyer!

Afin de profiter de la belle température qui s’offrait à nous, nous avons décidé de faire une balade en ville en commençant par le longer le mythique Danube. Une des choses que j’aime le plus dans une ville, c’est l’art public. Budapest croit, comme moi, que l’art public est une richesse et cela se voit par le nombre de statues qui se trouvent ça et là. Une des œuvres d’art public les plus connues de Budapest est le monument commémoratif de l’holocauste «Souliers au bord du Danube». La soixantaine de paires de souliers ont été érigées à la mémoire des Juifs qui ont dû enlever leurs souliers avant d’être fusillés par le fasciste Arrow Cross et dont les corps sont tombés dans le fleuve pour être emportés par le courant pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Sur une note plus joyeuse, Budapest a su garder le côté grandiose des années fastes de l’empire austro-hongrois. L’architecture est simplement magnifique. En fait, c’est à cette époque que Budapest est devenue une seule ville, d’une vue administrative, bien sûr, car encore aujourd’hui, on fait référence aux anciennes villes : Buda à l’ouest du Danube, Pest à l’est, et Óbuda, le plus vieux quartier de Buda. Donc en marchant du côté de Pest, la vue sur Buda est impressionnante, de jour comme de nuit.


S’il y a beaucoup d’attraits touristiques du côté de Buda, c’est du côté de Pest que tout se passe : la rue commerçante, les restos, les bars, les autres attraits touristiques, bref la vie! Le destin a aussi fait que mon ancienne collègue Miss S se trouvait à Budapest pendant ce même week-end, nous en avons donc profité pour faire du rattrapage. Même en soirée la température était toujours aussi agréable, alors je peux maintenant affirmer avoir eu mon premier repas sur une terrasse en 2012. À la suggestion de l’employée de l’auberge, nous avons choisi un des multiples restaurants-terrasses situés sur la Ráday utcá. Si mes deux compagnons ont testé la cuisine hongroise dès le premier soir, je suis restée un peu traditionnelle en y allant avec des pâtes. Cette rue se trouve dans le quartier étudiant, donc les prix sont très abordables, il y a aussi plusieurs bars qui semblaient très chaleureux, mais nous avions déjà un plan pour la soirée.

Budapest regorge de bars originaux et décontractés nommés romkocsma (bar en ruines), des endroits comme on en voudrait plus en Europe de l’Ouest et en Amérique, mais qui ne pourrait avoir que de pâle copie pour des raisons de santé, de sécurité et de risque d’incendie. Bon dit comme ça, vous avez l’impression qu’on ne peut pas sortir vivant de ces endroits, mais oui on le peut, la preuve j’écris cet article. Notre choix c’est arrêté sur Szimpla, une autre recommandation des filles de l’auberge. La décoration est aussi éclectique que la foule qui s’y trouve. J’ai dû utiliser le flash pour qu’on puisse y voir quelque chose, mais ça gâche l’ambiance. 

Donc, ce bar se trouve dans des logements abandonnés, certaines pièces des appartements ont gardé leurs murs, d’autres ont été abattus pour faire de plus grand espace, la cour intérieure devient une grande terrasse, tous les meubles sont complètement dépareillés, bref c’est un chaos stylisé! J’ai vraiment adoré cet endroit, mais le bas prix de l’alcool n’aide pas votre mal de tête du lendemain, je vous avertis! Surtout si Miss S décide de demandé un shooter de liqueur traditionnelle hongroise. AVERTISSEMENT : si on vous offre du Unicum, il faut poliment refuser ou courir dans la direction opposée, c'est au choix, car cet alcool est vraiment la chose la plus infecte que je n’ai jamais goûtée. Une bouteille d’eau entière s’est imposée après cet horrible shooter. Miss S, ma vengeance sera terrible (j’ai failli t’en acheter une bouteille à la boutique hors-taxe!!!!), tu n’as qu’à bien tenir.

Donc, après une soirée arrosée, quoi de mieux que d’aller au spa? Ça tombe bien, la ville regorge de thermes. Nous avions l’embarras du choix, mais nous sommes allés avec la recommandation de G le Hongrois, et nous n’avons pas été déçus. Beaucoup de bains sont séparés homme/femme, alors quand on voyage en couple, ce n’est pas génial! Vivement les bains mixtes de Széchenyi Fürdő dans le magnifique Városliget (le nom hongrois semble plus joli que sa traduction française : parc municipal!).

L’endroit est à couper le souffle, il faut vraiment le savoir que des bains thermaux se cachent dans ce bâtiment. Une fois à l’intérieur, c’est tout aussi beau, mais mon déchante vite lorsque qu’on essaie de comprendre comment faire pour acheter un billet. La liste des prix est très longue, il faut faire le tour du hall d’entrée pour trouver le panneau dans une langue qu’on comprend, mais on n’y comprend rien donc on pose plein de questions aux guichetières dont on ne comprendra rien de leur réponse tant leur anglais est très approximatif et le petit trou dans la vitre du guichet ne nous aide pas à bien entendre la réponse… Mais bon, on a bien réussi à obtenir deux billets d’accès et une cabine pour se changer qui sert aussi de casier. Il n’y a pas que les guichetières qui offrent un mauvais service, disons que quand je demande des directions dans un labyrinthe je m’attends à plus que «C’est par là», car toutes les indications sont seulement en hongrois! Donc une fois que l’on connaît le chemin, on peut enfin apprécier la détente. 

On trouve plusieurs bains à différentes températures oscillant entre 28°C et 38°C. Nous nous sommes rendu compte que vers la fin de matinée que nous ne devrions pas resté plus de 20 minutes par bassin, heu oups! Nous avons aussi fait un tour dans le sauna, mais comme C l’Irlandais n’avait jamais essayé la chose, nous n’avons pas sué très longtemps. Plongés dans toute cette eau chaude et réconfortante, on ne se doute pas vraiment pas que la déshydratation nous guette à grands pas (et le personnel au service à la clientèle impeccable *tousse* ne nous avertis pas du tout qu’il faut penser à s’hydrater quand on est plongés dans ces centaines de litre cube d’eau). Donc même si le service à la clientèle de semble pas être la force de la place, la beauté et l’aspect relaxant de l’endroit vaut le détour. N’oubliez pas de vous hydrater par contre. Nous avons dû engloutir plus de 5 litres d’eau chacun pendant le reste de l’après-midi!

Pour notre dernière journée complète, nous avons décidé d’aller faire un tour du côté de Buda et d’aller voir le château. Nous étions encore déshydratés de la veille et très paresseux, donc nous avions comme objectif de prendre le funiculaire pour escalader la « montagne », eh bien, nous n’étions pas les seuls à avoir eu cette super idée. Comme la file d’attente semblait plus éprouvante que de monter les escaliers! Donc une marche à la fois, nous avons fini par atteindre le sommet. 

C’est un peu dommage qu’il ait fait si gris, mais nous avons quand même bien profité de l’architecture. Nous avons aussi participé à une foire de Pâques où certains commerçants portaient des costumes traditionnels hongrois et nous sommes tombés par hasard sur le changement de la garde, rien à voir avec celle de Buckingham Palace.

Comme les nuages et la pluie nous menaçaient, nous en avons profité pour aller visiter un pub recommandé encore une fois par G le Hongrois, le Café Lánchíd Söröző, parfait pour un samedi après-midi nuageux. Nous avons donc opté pour rester au chaud auprès de bon petits repas simples et délicieux, mais nous avons mal calculé notre affaire, car il pleuvait à seaux, nous avons pressé le pas pour rentrer à l’auberge. Il y avait un repas communautaire d’organisé à l’auberge, nous avons cuisiné un plat typiquement hongrois le Paprikás Krumpli, soit dans sa traduction littérale : les patates au paprika. Très simple, patates, oignons, saucisses et paprika, mais très réconfortant, comme tout plat à base de patate! Comme la pluie tombait toujours et pas rien qu’un peu, ce souper de groupe était plus que bienvenu, surtout que nous avions tellement marché dans les jours précédents que nous étions épuisés.

Mis à part notre shooter d’Unicum, notre voyage c’est très bien déroulé et je vous recommande fortement d’aller faire un tour à Budapest si vous en avez la chance! Je ne peux pas en dire autant pour notre retour à Londres par contre. Oh mon dieu, nous avons passé plus de 9 heures dans le transport, en incluant l’attente. Le vol a été retardé à la dernière minute, nous avons poireauté pendant près de 30 minutes dans la navette qui devait nous mener à l’avion, puis on nous a demandé de rentrer dans l’aéroport pour attendre encore une heure, tout ça sans vraiment nous faire expliquer pourquoi le vol était retardé… C’était la deuxième fois que je volais avec WizzAir et c’est fort certainement la dernière fois. Même les vols de RyanAir sont plus agréables, je ne pensais pas qu’il était possible d’avoir autant peu d’espace pour les jambes et avoir les genoux du colosse de derrière dans le dos pendant 2h30 quand tu as mal au dos, ce n’est vraiment pas la joie.

Sur ce, pour plus de photo, c’est ici.

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